



Il y a moins d’une année, j’ai acquis le Canon PowerShot (PS) A700 sur la même base de critères que je présente aujourd’hui. Cet appareil me satisfaisait, mais malheureusement il a disparu lors d’un voyage récent en italie, volé probablement, et sans effraction… Me voici donc à nouveau face au marché opaque des appareils photos numériques.
Bien sûr mon modèle n’existe plus, il y a eu des améliorations entre temps. Faut-il prendre le modèle remplaçant (A710is) mais qui est déjà dépassé, ou un modèle légèrement inférieur mais à la pointe technologique (A570is), ou le modèle supérieur ultime (PS-G7 voire PS-S5is), mais dans une gamme de prix bien en dessus ? Ou changer de marque ?
Cet article ne prétend pas, et de loin, faire un comparatif de tout ce qui se trouve sur le marché actuellement et d’en sortir un vainqueur, ou même une meilleure marque, ni de décrire toutes les technologies rencontrées. Son but est simplement de vous partager les étapes de mon choix, en rendant cette réflexion accessible à tous par vulgarisation de certaines données techniques.
Il est bien entendu nécessaire de lire plusieurs tests (review en anglais) avant de trancher pour un modèle, car les simples caractéristiques annoncées par les commerçants ne disent rien absolument sur la qualité effective de l’appareil. Il ne sert à rien de demander à un conseiller de vente si tel ou tel appareil est meilleur, souvent il n’aura lu que l’étiquette de présentation ou le prospectus avant de vous répondre, quand la marge commerciale accordée par certaines marques, ou au contraire la difficulté de liquider le stock, ne joue pas aussi son rôle…
Dans cet autre article je décris les différentes sources d’informations sur Internet. Ma référence de base est le site — malheureusement en anglais — Digital Camera Resource Page.
Si vous partez souvent en randonnée toute la journée ou si vous faites surtout des photos au milieu de la civilisation, vous ne choisirez pas la même catégorie de boitier (compact ou réflexe). Si vous ne faites toujours des photos de famille que par beau temps, vous n’aurez pas besoin de programmes spéciaux ou de réglage manuel. Au contraire si vous faites de la photo artistique.
Ce contexte d’utilisation va vous aider à définir des critères, éliminatoires pour certains, idéaux et optionels pour d’autres.
Mon contexte d’utilisation est très étendu et mon expérience l’est tout autant. J’utilise mon appareil photo le plus souvent en randonnée en mode tout automatique, parfois aussi en voyage de 3 à 5 jours. Mais j’aime de temps en temps m’attarder à composer une image, soigner son exposition avec des réglages manuels. Je fais aussi de la photo de modèles réduits nécessitant aussi quelques retouches manuelles des réglages. Enfin je fais de la photo de trains, nécessitant un appareil nerveux et un zoom grand angle.
Donc j’ai besoin d’un appareil compact (randonnées), de bonne autonomie et facile à gérer aux niveaux des piles, et permettant de nombreux réglages manuels. Un zoom de grand angle est nécessaire pour les trains. Ceci seront mes critères de choix éliminatoires.
Une fois le contexte d’utilisation bien défini, passons aux critères de choix ! Les critères ci-dessous sont issus de mes habitudes et connaissances personnelles. A vous de les classer différemment, ou d’en supprimer, selon votre contexte d’utilisation, vos expériences et vos exigences.
D’abord les (mes) critères éliminatoires, dans l’ordre :
Ensuite les (mes) critères idéaux, dans l’ordre :
Enfin les critères optionnels, en vrac :
Autrefois adepte des gros réflexes, je me suis progressivement orienté vers les compacts. J’aime les gros réflexes pour le confort d’utilisation de l’objectif avec les bonnes vieilles bagues à tourner. Mais en randonnées, un gros truc de 500g à 1000g pendu toute la journée à la ceinture ou sur le ventre, c’est pas top.
Là je surprends la plupart de mes interlocuteurs. Et oui, je suis un adepte du format standard AA (LR6) et c’est carrément éliminatoire. Forcément, ça limite gravement mon choix… Mais les avantages sont très nombreux :
Soyons franc, alors les inconvénients, finalement pas si terribles :
A ne pas confondre avec le zoom numérique qui est en principe à bannir et totalement inutile (diminue la résolution de l’image). Vu que les performances d’un zoom dépendent de la taille du capteur d’image (successeur du vieux négatif argentique) qui varie d’un modèle à l’autre, il est toujours indiqué en « équivalent 35 mm », qui est la taille des négatifs les plus répandus.
Un grand angle de 35 mm est le strict minimum, et malheureusement les fabricants peinent à développer des appareils compacts avec un angle plus grand (sur les réflex, un angle de 28 mm est courant). Quand des capteurs plus grands seront implantés dans les compacts, on pourra rencontrer plus souvent de tels objectifs.
Un zoom 4x (35-140mm) est le standard pour une application courante. Un zoom-télé 6x donne un 35-210 mm, ce qui offre déjà des possibilités de tirer des portaits à distance.
Sur l’objectif, l’ouverture maximale du diaphragme est toujours mentionnée (exemple : F2.8-4.8). Plus cette valeur est petite, plus l’ouverture maximale sera grande et plus l’image pourra être claire sans prolonger le temps d’exposition (augmentant le risque de « bougé »), surtout à faible lumière. F2.8 est le plus courant et est un minimum.
Ensuite, plus le capteur (CCD, CMOS) est grand (souvent 1/2.5« ), plus il pourra recevoir de lumière et donc plus il sera sensible sans dégradation de la qualité d’image. Attention, 1/2.5 » est plus petit que 1/1.8" !
Toujours affiché en gros, les « mégapixels ». C’est dommage, car c’est de loin plus la valeur fondamentale d’un appareil photo numérique. Pire, plus le nombre de « mégapixels » augmente, moins sensible sera le capteur et moins bonne sera l’image. En effet, sur une même surface, si on augmente le nombre de cellules sensibles, celles-ci verront forcément leur taille diminuer, et donc elles recevront d’autant moins de lumière chacune (imaginez la différence entre un plateau de petits verres sous la pluie, et le même plateau avec des grands verres, chacun recevra plus d’eau). Le résultat global serait plus sombre, mais le logiciel interne va compenser ceci en « extrapolant » le signal. Il en résulte une augmention du « bruit » (pixels parasites dans les zones sombres) que le logiciel devrait aussi traiter en lissant l’image, d’où cette fois perte de netteté.
Enfin, la « sensibilité » ISO, reprise par simulation des anciens négatifs argentiques. Simulation seulement, car contrairement à la sensibilité du négatif, une valeur ISO plus élevée n’indique pas une augmentation de la sensibilité du capteur, mais une amplification par logiciel du signal émis par le capteur qui émet en fait toujours le même signal. Chaque pixel est éclairci, par calcul d’une extrapolation en fonction du paramètre ISO sélectionné. Cela génère des erreurs d’interprétation et plus la sensibilité est poussée, plus ces erreurs sont visibles, sous forme de pixels de couleurs erronées. Cela s’appelle du bruit. Les fabricants poussent — encore un argument commercial — de plus en plus les possibilités de réglages ISO, de 50 jusqu’à 1600. Dans la pratique un réglage ISO de 400 est limite et déjà satisfaisant pour prendre des photos à l’intérieur sans flash. Au delà de 400, l’image est inutilisable (perte de définition, trop de bruit). Cela ne veut pas dire qu’un appareil osant proposer 1600 est mauvais, au contraire, mais il ne faut pas le pousser jusque là.
Enfin le processeur et son logiciel joue un rôle important dans le rendu final de l’image. Mais ce n’est pas le modèle le plus récent qui fournira la meilleure image dans tous les cas. Typiquement chez Canon, le A710is encore équipé de l’ancien DIGIC II, donne de tout aussi bonnes images que le G7 ou le S5 équipés du DIGIC III, comme on peut l’observer sur le site DCRP
Ce processus permet de considérablement réduire l’effet de « bougé » (dédoublement flou de l’image) induit par les mouvements légers du corps humain (respiration, tremblement), typiquement visible sur une image prise avec une vitesse un peu lente à cause de la faible lumière ambiante, ou avec un fort zoom-télé. Cela permet une prise de vue sans flash, avec un temps d’obturation un peu plus long (1-2 pas) sans devoir augmenter la sensibilité ISO, trop réductrice de la qualité d’image. Le bénéfice est remarquable, mais les limites sont là :
Encore un mot important, il y a deux sortes de stabilisateurs : le stabilisateur optique qui agit sur une lentille mobile de l’objectif, et le stabilisateur numérique qui agit par calcul sur l’image. Seul le stabilisateur optique est à considérer, a l’avantage d’agir en amont et d’être insensible aux conditionx d’éclairage, l’image n’est ainsi pas dégradé par un calcul.
Dépend avant tout de la puissance du processeur, mais aussi de la performance de la carte mémoire. Plus cette dernière en lente en écriture, plus il faudra de temps pour mémoriser une photo et plus la consommation des piles sera importantes.
Quant au processeur, il n’y a pas de règle. Juste un exemple, chez Canon, le nouveau processeur DIGIC III est plus rapide que le DIGIC II.
Sa luminosité est sa principale qualité. La dimension usuelle est aujourd’hui de 2.5 pouces pour 115’000 pixels, un peu limite pour montrer des images « sur le pouce » à quelqu’un, mais suffisant pour utiliser comme viseur.
Un moniteur orientable est idéal pour faire des prises de vue en macro sans devoir se contorsionner autour du sujet, ou viser par dessus une foule de spectateurs. Ou encore pour faire une vue en contre-plongée depuis le sol ou un auto-portrait. En dehors de ces rares cas, l’avantage s’arrête là, et il s’agit d’une pièce mobile relativement fragile, surtout si on la manipule souvent. L’épaisseur de l’appareil augmente sensiblement aussi et parfois la dimension du moniteur s’en retrouve réduite.
Un mot très important au sujet des boitiers reflex . Sur la plupart de ces boitiers actuels, le moniteur LCD ne permet pas la visée, et ne sert qu’à afficher les images après coup, laissant seul le viseur optique comme moyen de visée. Ceci devient vite très contraignant si on a déjà « goûté » au numérique avec un appareil compact. Toutefois quelques nouveaux boitiers reflex permettent aussi le mode de visée par le moniteur LCD. Pour moi, cette fonctionnalité, éventuellement combinée avec un moniteur orientable, est indispensable sur un reflex, sinon je préfère en rester à un appareil « standard ».
Hérité des appareils argentiques, et apprécié au début du numérique pour économiser les piles en éteignant le moniteur, le viseur optique tend à disparaître dans les ultra-compacts, ne laissant que le moniteur LCD comme moyen de visée (le plus usuel tout de même). Il faut dire que son cadrage n’est pas précis, mais tout de même du côté de la sécurité : tout au plus ce qu’on y voit sera bien dans le cadrage effectif, et une marge importante et invisible s’y ajoutera.
Il y a des cas où un viseur optique reste toutefois utile :
Sur les modèles un peu plus gros, tel que PowerShot S5, il existe aussi des viseurs électroniques, à ne pas confondre avec le moniteur LCD. Il s’agit simplement d’un mini-moniteur LCD installé derrière la lucarne de visée. L’avantage est qu’il montre le cadre réellement effectif. Par contre, la résolution est souvent assez faible, mais c’est pour dépanner, et en cas d’obscurité on y verra rien de plus ! De plus ce type de viseur nécessite un réglage de la correction optique, pour les photographes porteurs de lunettes médicales.
Il y a bien d’autres critères, fonctionnalités, gadgets, tels que l’impression directe. Je pense avoir cité ci-dessus les principaux points, et il y en a déjà certainement plus que certains d’entre vous en a imaginé !
Pour ma part, j’ai choisi le Canon PowerShot A710is, simple successeur de mon excellent A700, n’apportant que le stabilisateur d’image et un « megapixel » en plus. Mais c’est toujours le seul modèle remplissant tous mes critères éliminatoires et presque tous les idéaux ! Certes, ce n’est pas le dernier cri, notamment en l’absence du processeur DIGIC III (exit la reconnaissance de visage et le traitement plus rapide), mais la qualité d’image est encore à la hauteur des derniers Canon PowerShot. Mis à part le coûteux G7 (mal équipé en pile) ou le S5 (assez encombrant), c’est le seul de la gamme qui offre un zoom 6x (35-210). Un compte-rendu sera publié sur ce site.
J’espère que ce guide n’est pas trop long, et qu’il n’a pas trop semé le doute dans vos réflexions ! Une chose est importante : jamais de coup de tête, à chaque fois je l’ai regretté ! La taille de cet article est bien à la hauteur de mes réflexions pour mon dernier achat !
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