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Document composite

Insertion d’un dessin vectoriel CAD/DAO dans un traitement de texte

Ou comment concilier deux applications qui n’ont rien de commun
Publié le 10 novembre 2007
par Thierry
Le dessin technique est au document texte, ce qu’un logiciel de CAD/graphisme est à un traitement de texte : le point commun est que chaque type de document a besoin de son propre outil pour le concevoir, mais que ces outils ne sont pas conçu pour s’entendre. Comment concilier les deux, afin de créer un document composite ?

A priori, un traitement de texte — en l’occurrence une version récente MS-Word — ne permet pas d’insérer directement une portion d’un dessin technique élaboré sur un logiciel de CAD ou de graphisme vectoriel.

Par simplification, on désignera sous « logiciel graphique » tout logiciel de CAD-CAO et graphisme (tels Coreldraw, Illustrator, Inkscape, etc), et « Traitement de texte » comprendra également tout logiciel de PAO (tel MS-Publisher).

 L’essai du copier/coller

La première chose à essayer, c’est le fameux copier-coller. Mais pour que cette méthode fonctionne optimalement, il faut que le logiciel graphique soit spécifiquement conçu pour transmettre au [presse-papier] un dessin dans le [format vectoriel] [EMF] que le traitement de texte reconnaîtra.

Hélas le copier/coller ne convient souvent pas pour deux raisons :

D’une part, trop nombreux sont les logiciels graphiques qui ne transmettent qu’une copie d’écran au [presse-papier], qui n’est rien d’autre qu’une sorte de photo au [format raster]. Cette méthode est inutilisable pour cette application, car toute réduction ou agrandissement du dessin lors de la mise en page se traduit par une perte de lisibilité, respectivement un perte de qualité, sans compter l’épaisseur des traits qui n’est pas reproduite à l’échelle.

D’autre part, et à l’opposé, souvent l’image est insérée en tant qu’objet (ou liaison OLE), équivalent de la commande « insérer objet » du type correspondant au logiciel source au lieu d’être intégrée dans un format intermédiaire tel que l’ [EMF] (voir ci-dessous).

 La méthode de l’insertion d’objet

Pour que cette méthode fonctionne, il faut que le logiciel graphique soit compatible OLE (c’est le cas par exemple de CorelDraw). Ceci à l’avantage que le dessin est stocké dans son format natif à l’intérieur du document texte, et qu’il peut ainsi être retouché en tout temps par simple double-clic sur celui-ci, les commandes et menus de l’application source se substituent alors à celle du traitement de texte durant l’édition.

L’inconvénient est qu’il est nécessaire que le logiciel source soit installé sur tous les PC sur lequel le document final devra être imprimé ou édité, sinon l’image ne pourra être affichée correctement, voire même pas du tout.

 Exportation puis insertion d’image

La méthode la plus fiable. Il suffit d’utiliser la fonction d’exportation du logiciel graphique pour créer un fichier intermédiaire temporaire dans un format que le traitement de texte peut insérer.

L’inconvénient principal de cette méthode est que si le dessin doit être retouché ultérieurement, il faudra repartir du document graphique original et recommencer la manipulation d’exportation/insertion.

L’avantage est qu’un fois le dessin inséré, il n’est plus nécessaire d’avoir le logiciel graphique installé pour éditer et imprimer le document.

La plupart des logiciels de traitement de texte sérieux permet d’insérer des images enregistrées sous des formats populaires : EPS, EMF, WMF pour le [format vectoriel] et TIFF, JPG, PNG pour le [format raster]. Mais où cela se gatte, c’est pour créer le fichier temporaire à partir du logiciel de dessin.

 PDFCreator, ou comment exporter dans un format universel avec un logiciel qui ne le permet à priori pas

Pour avoir testé plusieurs logiciels graphiques, j’ai vu de tout. La plupart savent exporter des fichiers au [format raster] (JPEG, TIFF, PNG), mais cela se résume souvent là aussi à une simple copie d’écran, inutilisable. Dès le milieu de la gamme « grand public » (dès environ € 100), ils permettent d’exporter dans un [format vectoriel] tel que EMF, EPS, SVG. On ne parle pas des formats DXF, DWG, PDF, pourtant populaires, mais que la plupart des traitements de texte ne comprend pas.

Si votre logiciel graphique favori n’est pas conçu pour exporter dans un de ces formats universels (sisi, il y en a bien plus que vous ne le croyez), installez le logiciel gratuit PDF Creator. Il s’agit d’une imprimante virtuelle qui imprime dans un fichier au lieu du papier. Prévu initialement pour générer des fichiers PDF, cet outil indispensable permet également de générer des fichiers PS, EPS, mais aussi PNG, JPEG, TIFF…

 Fichiers au format vectoriel

Il existe de nombreux formats vectoriels, plus ou moins propriétaires, mais rares sont les formats vectoriels universels fiables que les traitements de texte savent interpréter, sans compter que ces formats sont universels et ne couvrent donc pas forcément toutes les fonctionnalité du logiciel de graphisme. Et ce n’est que sur le document imprimé que l’on peut juger de la fiabilité de l’opération.

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Fichier intermédiaire au format EMF, avec pertes mais vectoriel
ExtensionFormatDescriptionConvient
EPSEncapsulded Postscriptle standard chez les professionnels, graphistes comme imprimeurs ; hélas mal interprété par certains logiciels de traitement de texte*parfois*
EMFEnhanced Metafilesuccesseur du WMF Windows Metafile, language interne entre Windows et certains pilotes d’affichage ou impression ; ne supporte pas les transparences et certains dégradésoui avec restriction
DXFDrawing eXchange FormatCréé (et géré) par Autodesk, permet l’échange de dessins technique entre logiciels CAD et de dessin vectorielnon
SVGScalable Vector GraphicsUne spécification du W3C. Format basé sur XML pour applications Internet. Pas reconnu par les traitements de textenon

* Même dans sa dernière version 2007, MS-Word peine à gérer le format EPS. Dans le meilleurs des cas le contenu est mal dessiné, autrement le contenu n’est pas reconnu.

 Fichier au format raster

Comme mentionné plus haut, le format raster n’est pas idéal, car il ne permet pas un redimensionnement propre de l’image dans le texte. Mais si le fichier est généré proprement et nativement par le logiciel de CAD (c’est à dire pas simplement exporté à partir de la copie d’écran), le contenu est toujours conforme à l’impression, quelque soit le logiciel qui reçoit l’image. Il faut toutefois accorder un soin particulier au moment d’exporter l’image, en indiquant une résolution minimale de 300 dpi (point par pouce) et si possible en indiquant la dimension souhaitée en milimètre de l’image produite.

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Avec fichier intermédiaire au format PNG, conforme à l’original mais raster
ExtensionFormatDescriptionConvient
JPEG, JPGJoint Photographic Experts Groupformat populaire pour les photos ; étant compressé avec perte de données, il ne convient pas aux images au trait netsnon
TIF, TIFFTag(ged) Image File Formatformat ancien pour les images raster ; répandu, fidèle mais gourmand en mémoireen dernier recours
PNGPortable Network Graphicsformat récent prévu pour remplacer le GIF (support les fonds transparants) ; convient surtout pour des images au trait, avec peu de dégradé de couleurs ; conserve une bonne lisibilité grâce à sa compression sans pertes de données (inadapté aux photos).oui

[presse-papier] le gestionnaire du copier/coller

[format vectoriel] format de « dessin au trait », dont les informations sont constituées de commandes, coordonnées, longueurs et direction, qui permet de l’agrandissement ou réduction sans perte d’information et de qualité, à l’opposé du format raster

[EMF] Format vectoriel Enhanced Meta File, voir aussi http://fr.wikipedia.org/wiki/Window...

[format raster] ou matriciel, ou encore bitmap : dessin constitué de points (pixels), plutôt adapté aux photographies

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